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La "Clavelin" en voyage" ou le Vin Jaune au pays de la truffe.

Marie-Louise en week-end!


La bouteille de Vin Jaune ou "Clavelin" aime voyager.


Chouchou


Ce week-end des Rameaux 2013, elle a choisi la Drôme Provençale pour sa sortie de printemps. Arrivée samedi vers onze heure, elle se rend au marché de Richerenches, capitale mondiale de la truffe noire. Il n'y a pas foule, surprise, elle apprend que c'est la fin de la saison et qu'il y aura peu d'échanges aujourd'hui alors que 30 % de la production nationale transite par ce village. Le marché se déroule avenue de la Rabasse au pied du mur d'enceinte de la Commanderie flanqué de quatre tours, place forte des Templiers dès 1136. Après quelques échanges avec des trufficulteurs locaux, pour prendre la température (en fait le prix qui oscille entre 1000 et 1400 euros le kilo), elle fait la connaissance de


Le clavelin et la truffeMonsieur Christian Allègre et de sa chienne labrador "chouchou" qui est disposée à lui faire une démonstration de son flair exceptionnel. La "Marie-Louise" est heureuse de discuter avec Christian qui est aussi viticulteur dans l'enclave des Papes, canton de Valréas qui comprend les communes de Richerenches, Visan, Grillon et Valréas. Ce canton enclavé dans la Drôme est séparé du Vaucluse dont il fait partie, par les cantons de Nyons et Saint-Paul Trois Châteaux. Son origine remonte en 1312, où le Pape Jean XXII très malade, fit une halte à Valréas et but du vin local. Il se trouva fort raggaillardi et finalement guéri. Il fit l'acquisition de Valréas et des villages alentours. Le paysage alterne truffières de chênes verts ou blancs et vignes taillées en gobelet ou cordon de Royat. Chouchou ne tarde pas à fixer une truffe et son maître "cave" avec son "picouloun" pour trouver la pépite noire. A chaque arrêt de la chienne, "bingo" sa truffe ne se trompe pas et détecte précisément la truffe!(quand une truffe rencontre une autre truffe....) Retour à la maison de Christian qui insiste (et il n'y a pas besoin) pour une dégustation de truffes et de vins. Madame Allègre nous propose tartines beurrées à la truffe et petite salade, puis omelette à la truffe, brie farci à la truffe et crème à la truffe, le tout agrémenté de toute la gamme des vins du propriétaire. Grand moment de plaisir intense. Achat de quelques magnums issus de l'enclave des papes et la balade continue. Elle passe par Fontaine de Vaucluse, qui tire son nom de vallis-closa ou Vallée close avec son gouffre impressionnant à cette saison, car l'eau est abondante et la rivière la Sorgue est partout et dévale la pente en tout sens. Puis c'est l'arrivée à La Roque sur Pernes, un village de pierre, elle est omniprésente. La Marie-Louise prend ses quartiers dans un authentique château fort restauré en hotel de charme. La vue depuis les jardins est saisissante de beauté et de sérénité. La piscine dans un étonnant bassin naturel est un peu fraîche mais elle s'y trempe jusqu'à l'étiquette!! Le bain du clavelin


Chantal et Jean Tomasino en maîtres des lieux concoctent un repas autour de la truffe. Notamment une brouillade au truffe, noix de Saint-Jacques au truffes, des cailles à la truffe, sublime. Les vins régionnaux sont forts appréciés. La nuit est réparatrice, et l'angélus souligne un début de journée pluvieux.


Le village de la Roque sur Pernes a une histoire originale. Habité depuis des temps lointains, des vestiges de l'âge de pierre et du bronze le prouvent. En 1274 tout le Comtat fut cédé à la papauté. Il fut inféodé à divers seigneurs, la plupart Italiens. Comme tous ses voisins, son rattachement à la France date de 1792. Comme tous les villages de montagne, La Roque vit sa population décroître, au point de ne représenter que 17 personnes en 1939. Le maire de l'époque lança un appel pour repeupler son village. En 1950, 7 Banatais arrivèrent à La Roque et l'on en compta 98 en 1963.


Le Banat est aujourd'hui une région à cheval sur trois états: la Roumanie, la Hongrie, et la Serbie-Voivodine. Le Banat ne sera jamais à travers l'histoire un Etat. Durant le XVIIIème siècle le Banat est reconquis par la couronne autrichienne sur l'empire ottoman. Le Banat représentait pour Vienne un territoire hautement statégique car il permettait d'établir un glacis militaire entre son royaume et les Turcs. C'est un Français, Claude Florimond de Mercy, qui fut nommé gouverneur de cette province. L'appel à la colonisation se fit auprès des Badois, des wurtembourgeois, des Bavarois...et des Alsaciens et des Lorrains. Au Banat, on se soucia peu de l'origine de ces différents colons, c'est sous le vocable de Souabes qu'ils étaient nommés. Ces colons Français, se fixèrent dans de petits bourgs ou fondèrent des villages tel Seultout, Saint-Hubert, Mercydorf...Une grande partie du Banat était marécageuse et beaucoup de colons de la première génération périrent. Mais un formidable travail de mise en valeur des terres fut éffectué par les survivants et en quelques décennies, le Banat devient le grenier à blé de l'Europe Centrale. En 1779, l'Autriche confie l'administration du Banat à la Hongrie et les conditions de vie se détériorent rapidement. La langue Magyar fut imposée et aucune autre langue tolérée. Le Patois et le Français disparurent. Le traité de Versailles partagea le Banat en trois comme on le connait aujourd'hui, au mépris des populations concernées. Les familles furent séparées par ces nouvelles frontières et la guerre aura raison des colons Français. De grands convois se formèrent pour fuir l'arrivée des Russes et les Banatais rejoindrons l'Allemagne, l'Australie, ou l'Argentine. Mais un certains nombre voulu revenir en France sur leur terre d'origine. James Lamesfeld eût l'idée de faire confectionner des poupées en habits traditionnels du Banat et l'une d'elle fut envoyée à Robert Schuman, Président du conseil de l'époque. Etonnement, elle parvint au Président qui découvrit sous son tablier une lettre dissimulée. Le texte en était: Noël 1947, après une absence de 200 ans, ce sont des milliers de Lorrains et Alsaciens qui veulent retourner de leur patrie adoptive en leur pays d'origine. Forcés par les durs coups du sort impitoyable, ils veulent mettre à la disposition de la France leur énergie et leur pratique bien éprouvée. Robert Schuman mit en place une commission d'étude pour le rapatriement des Banatais, qui permit le retour de 10 000 d'entre eux. L'intervention du maire Edouard Delebecque auprès de James Lamesfeld favorisa l'installation de Banatais à La Roque et le Chancelier Allemand Adenauer et Robert Schuman se rendirent à la Roque sur Pernes pour encourager cette expérience.

Rédigé le  22 août 2013 15:39  -  Lien permanent

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